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Depuis la publication de son roman Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, Rilke cherche de nouvelles formes d'expression. En février 1922, à Muzot, après avoir travaillé jour et nuit, Rilke achève les Élégies de Duino, suivies des Sonnets à Orphée, .

Puis il commence aussi à écrire en français aussi. Ces poèmes ont un caractère tout à fait différent, plus classique, plus simple, par exemple celui-ci qu'il adresse à sa lampe :

Lampe du soir, ma calme confidente,
mon coeur n’est point par toi dévoilé ;
on s’y perdrait peut-être ; mais sa pente
du côté sud est doucement éclairée.

C’est encore toi, ô lampe d’étudiant,
qui veut que le liseur de temps en temps
s’arrête étonné et se dérange
sur son bouquin, te regardant.

(Et ta simplicité supprime un Ange.)

La traduction allemande paraîtra dans le volume suivant de l'édition historico-critique chez Wallstein en 2026 : Rainer Maria Rilke. ›Obstwiesen‹ und andere französische Zyklen 1923-1926. Übersetzt und mit einem Nachwort versehen von Christoph König.

Lampe des Abends, meine ruhige Vertraute,
mein Herz ist nicht von dir enthüllt;
(vielleicht verlöre man sich da) sein Hang aber
ist auf der südlichen Seite weich beleuchtet.

Du noch, o Studentenlampe,
willst, dass der Leser von Zeit zu Zeit
innehält, erstaunt, und abgelenkt wird
von seinem Buch , dich anschauend.

(Und deine Schlichtheit löscht einen Engel).

La bibliothèque parisienne de Malte n'est pas encore oubliée. Le poème sur la lampe fait d'abord partie du cycle Tendres impôts à la France. Plus tard, Rilke l'insère dans le cycle valaisan qui est publié sous le titre Vergers.

« HiERSEIN IST HERRLICH. »
Rainer Maria Rilke
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