Caravaggio : Narcisse. Galleria Nazionale d'Arte Antica, Rome.
Spiegel: die die entströmte eigene Schönheit
wiederschöpfen zurück in das eigene Antlitz.
Denn wir, wo wir fühlen, verflüchtigen; ach wir
atmen uns aus und dahin...
Duineser Elegien, 1922/1923, II
… seuls, miroirs : qui renvoient la beauté dispersée au visage.
Car au moment de sentir on s’évapore…
Élégies de Duino, 1922/1923, II, traduction : Lorand Gaspar et Armel Guerne.
Vous vous souvenez encore du miroir dans la première salle? Du sonnet qui porte sur les miroirs ? Nous avons dit que Rilke abandonne l'idée de la représentation, du reflet de la nature. Il attire plutôt l'attention sur le mystère de l'espace et du temps, de la perception et de la cognition. Dans les Élégies de Duino, qu'il achève à Muzot en 1922, quelques jours avant les Sonnets à Orphée, il souligne la fugacité des sentiments et des perceptions.
Pourtant, le miroir ne symbolise pas seulement l'impermanence, mais aussi la beauté du moment réflexif.
